Les maux d’un jour et les maux de tous les jours

L’incompétence et l’inconscience des uns risque de nous plonger pour de bon dans la crise.

Certes, la plupart des cadres n’ont plus d’avoir – ils ont voulu gagner vite et gros sur des cotations hors de toute réalité – mais n’inversons pas les rôles. Si aujourd’hui, les personnes sont dans ce grand désarroi, c’est surtout du aux banques et au marketing.

Consommez plus pour être heureux et être en phase avec votre temps. Ce message a été matraqué à l’ensemble de la population depuis les années 50. Consommez autant que vous pouvez ! Nous vous financerons et vous rembourserez plus tard. Oui, mais quand ? et avec quoi ?

Comment voulez-vous que les gens comprennent cela… et qu’aujourd’hui ils soient contraints d’avoir des comportements raisonnables ?
Moins de dépenses superflues, moins de dépenses d’énergie et moins d’égoïsme généralisé. Comment voulez-vous, qu’à une époque où les métiers du quotidien sont malmenés au profit de carrières « éclair » de chanteur d’un jour ou de trader sans scrupules, que la totalité de la population deviennent raisonnable ?

Nous avons généralisé une pensée basée sur des citations sorties de leur contexte et exposées comme base solide pour justifier nos propres idées.

Arrêtons d’écouter les troubadours qui lancent des idées humanistes à tout va inconscients qu’ils sont d’envoyer comme cela des messages poétiques dont ils ne géreront pas les conséquences. C’est aussi vrai pour les jeunes de banlieue qui rappent, que pour les classiques populaires qui défendent ça et là

Exercer le pouvoir ce n’est pas de lancer des idées sans en subir les conséquences.
Tant de choses nous sont cachées !

A suivre…

Le peuple souhaite t-il évoluer ?

C’est une bonne et une mauvaise question.

En théorie, le peuple devrait souhaiter progresser, utiliser les moyens mis à sa disposition (école gratuite, bibliothèques quasi gratuites, musés et internet) pour progresser. Hors, force est de constater qu’il n’en est rien. Malgré tous ces efforts, fort couteux, tout une frange de la population « moutonne », n’est pas du tout intéressé, n’accorde aucun intérêt au travail nécessaire, voire procède méticuleusement à la destruction des moyens mis à disposition.

Collectivement, ont préfère donner la parole à des saltimbanques, des journalistes et des bonimenteurs, que de réfléchir, travailler et remettre en question les allégations de ceux qui souhaitent maintenir le chaos et la soumission. On se contente d’un moindre effort devant son petit écran, qui occupe de plus en plus de place.

En théorie, le peuple est doté de bon sens et d’une capacité de réflexion. Hors, force est de constater que celui-ci préfère ne pas regarder la vérité en face et détourne son regard des vraies questions de société. Tant qu’il n’est pas lui-même affecté, cela le fait, au mieux, tressaillir, lui fera peur, mais cela ne le fera pas vraiment bouger. Il préfère le cadeau futile instantané qui lui est fait plutôt que l’investissement rentable à moyen et long terme pour le bien collectif. Il donne de l’importance à sa petite personne plutôt qu’au bien-être de tous (remarquez que je ne porte pas jugement ou ne fait pas de considérations politiques).

En théorie, le peuple a gagné le droit de voter et de s’exprimer. Pour autant, il conduit volontairement, avec ce même vote, à concentrer tous les pouvoirs aux mains de quelques uns qui pour l’en remercier lui coupent ses moyens de survivance autonome. Ils les rendent toujours plus urbanisés et toujours plus dépendants. Collectivement, nos ancêtres ont donné leur vie pour un avenir meilleur, collectivement nous sommes en train de renier ces actions.

Alors, je ne doute pas qu’à ce stade, vous compreniez mieux mon propos. Nous ne pouvons pas obliger une certaine frange de la population à bouger dans ce que nous estimons – individuellement – être la bonne voie. Certains ont juste besoin d’un travail pour vivre tranquillement en paix. Les travaux manuels que l’on a tant décriés (au profit d’études longues sans intérêt) ont petit à petit été supprimés, les taxes sont venues rendre impossible l’emploi de « petit personnel » (sans que ce soit péjoratif), les travaux de force, souvent pénibles, ont été supplantés par les machines. Un monde idéal nous est offert, SAUF que maintenant, nous sommes contraints de financer, par des ponctions toujours plus nombreuses, des cohortes de gens qui ne trouvent plus à travailler par eux même.

Je ne suis pas convaincu que nous aillons fait les bons choix de société. ET oui, même si cette dénomination choque, aux yeux de ceux-là même qui par leur choix les condamnent, il y a bien un bas peuple dont nous devons nous occuper. Ils étaient invisibles tant qu’ils étaient dans nos campagnes. Ils sont maintenant dans nos citées (ni voyez pas de lien avec nos immigrés) et à notre charge. Nous leur devons un travail honnête qui corresponde à leur capacités et leur envie du moment – et leur fournir des passerelles pour leur permettre, le jour venu, de les faire évoluer et de prendre pleine possession de leur nouvelle place dans notre société.

Je pense être bien plus humaniste que beaucoup de mes concitoyens bien-pensants qui pourrissent notre société par leurs choix. Le pire, c’est qu’ils n’ont même pas conscience de leur impacte –  leurs positions les rendent tellement fiers de porter haut leurs idéaux.

Assumer ses responsabilités et regarder la réalité en face ne fait pas de vous une mauvaise personne. Évidemment, on peut simplifier les choses et utiliser les paroles pour stigmatiser mais cela ne résout pas les questions réelles auxquelles nous devons faire face.

La suite à venir /…

La carpe et le lapin

« Ne nous laissons pas pour autant abuser par les chimères d’un récit originel opposant systématiquement les valeurs positives des débuts d’Internet à leur dévoiement contemporain : ce qui est en jeu est moins une lutte de valeurs que la redéfinition de leur portée politique émancipatrice.

Les nouveaux sachant de la Silicon Valley, qui construisent la société de demain sans toujours rendre des comptes à celle d’aujourd’hui, ont en effet moins abandonné les valeurs fondatrices qu’ils ne les ont vidées de leur sens politique. »

Benoit THIEULIN, 2015

Voila résumé en deux phrases la pensée de notre ami B. THIEULIN sur la déviance économique de l’internet philosophique. 399 pages (couvertures comprises) pour donner un chemin à suivre à nos dirigeants perdus face à la révolution numérique. Mais les précédents l’étaient-ils moins face aux révolutions déjà totalement digérées?

Si vous ne lisez pas tout le document au moins prenez le temps de lire l’introduction de notre ami. Car il pose de vraies questions.

Avons-nous tout pour réussir ? Presque
Avons-nous des résistances ? Oui, beaucoup.

Dans les faits, tous ceux qui dans le modèle actuel ont une rente. Cela comprend l’état qui par une nécessité excessive de fonds à redistribuer va limité le développement de nouveaux acteurs.
Constatons que le CNNum regarde ces évolutions comme une nouvelle façon de taxer une activité collaborative pour limiter la grogne de ceux qui aujourd’hui déjà payent une taxe sur leurs activités.

Ce n’est pas tant un problème d’adoption, les entreprises n’avancent pas toutes à la même vitesse, ce n’est pas indispensable, mais plutôt un niveau de revenu attendu qui tarde et qui souvent met en péril de bonnes idées.

De quoi avons-nous besoin ?
Avant tout d’une réforme de l’état qui baisse son besoin annuel de fonds, qu’il gagne en compétitivité par rapport aux autres pays.  Mais je constate que nous n’allons pas vers ce modèle d’état économe pour libérer l’innovation.
Alors ne comptons que sur notre propre force pour faire avancer ces nouvelles pratiques et disons que les autres nous suivront contraints ou forcés par le marché.

Manquons-nous de courage ? Ou plus simplement de vision ?

Dans son éditorial du 17 juillet 2015, notre ami Guillaume ROQUETTE, parlant de la Grèce, dit :

« Même si on leur fait cadeau de la montagne de dettes qu’ils ont accumulées, même s’ils se mettent à payer des impôts et s’arrêtent enfin de gaspiller l’argent public (ce qui n’est pas acquis…), le problème des Grecs est qu’ils ne sont pas assez compétitifs pour supporter d’avoir une monnaies aussi forte que l’euro. Pour retrouver enfin la croissance, ils doivent réduire drastiquement leur train de vie pour être moins chers. »

Et si tout simplement, on les faisait travailler. C’est une idée de bon sens de mon ami Philippe MANET. Si en contre partie de la disparition de la dette, et en vue de permettre au pays de reprendre pied, on permettait à des entrepreneurs privés de développer l’activité du pays avec des conditions préférentielles pendant quelques années. Imaginons faire transiter les conteneurs qui arrivent du canal de Suez par le Pirée. C’est du bon sens mais visiblement personne ne veut y penser ?

Je suis convaincu que les Européens trouveraient un avantage à gérer nos ressources à notre avantage exclusif. Nous avons des contraintes à assumer et des ressources à utiliser. Mais nos gouvernants semblent absents de ce débat et de cette mise en œuvre stratégique. Il nous appartient de gérer nos revenus à l’image de ce que font nos amis chinois.

Nous avons décidez de faire sortir les investissements des pays Européens du sud pour les mettre dans l’industrie de production au Maghreb et en Asie. Décidons d’aller en vacances en Grèce ou au Portugal pour les remettre en selle. Décidons d’acheter Européen pour que nos devises servent la croissance de notre Territoire.

Soyons intelligents. Plus intelligents que nos Gouvernants.

Que les Sirènes nous enchantent

Post initialement publié sur LaTribune en date du 30 Janvier 2007
Et mis à jour le 12 juillet 2015

NON. La musique à une valeur intrinsèque. Comme tout travail, elle doit être rémunérée à sa juste valeur. Aujourd’hui, ce qui est condamnable, c’est le Business Model de la musique.

Durant les 40 dernières années ceux qui ont le plus gagné ce sont les distributeurs. Aujourd’hui encore 70% du coût de la musique en ligne est rétrocédé au distributeur (Hors frais techniques). Hier [A l’époque du Vinyle], cela nous était justifié par des coût de production lourd. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Alors on nous parle de frais liés à la mise en valeur des artistes. Je le comprend, mais je remarque que les distributeur on la puissance pour transformer quasiment n’importe quel nouveau chanteur en vedette en quelques semaines. Ce n’est pas ce que nous demandons. Le matraquage des jeunes opéré par les intermédiaires à coup de World Music est similaire aux opérations marketing de l’industrie du tabac.

La valeur de la musique ne s’est pas déplacée. Elle est toujours liée au travail entre le compositeur, l’interprète et dans une moindre mesure les studios d’enregistrement. C’est certain ce modèle demande dix fois plus de temps pour devenir connu et richissime puisque la distribution disparaît de mon modèle. Mais c’est déjà le cas pour la très grande majorité des artistes.

Dans les 15 derniers jours, j’ai acheté 2 albums. Je regrette qu’entre 10% et 60% des musiques d’un album soit de moins bonne qualité que les 3 ou 3 titres phares. Je veux croire que les chiffres de la musique ne sont pas si mauvais que prétendu. Le Président de la FNAC disait hier sur iTélé que la musique n’a jamais été aussi écoutée. Mais il faut revoir le modèle économique. Limiter le problème de la musique, comme le font les distributeur, au seul problème de piratage est un mauvais débat.

Aujourd’hui, il sort suffisamment de produits culturels quotidiennement pour dépenser un SMIC mensuel par jour et cela ne suffirait pas à tout consommer.

Qui peut se le permettre ? Certainement pas les 97% de la population française qui gagnent moins de 3500 euros mensuels. Croire que des mesures techniques permettront de limité le piratage est illusoire. Organiser un nouveau modèle économique en supprimant le gros des coûts et en conservant la part actuelle des artistes, devrait rendre le modèle à l’abonnement tout à fait justifiable.

Je veux bien payer pour de la bonne musique, pas pour les frasques et les excès des agents, des distributeurs et des artistes complètement déjantés.

 


8 ans plus tard qu’en est-il ? Le secteur de la musique a-t-il disparu ?

Étonnamment non, malgré tous les messages apeurés du secteur y compris des artistes, il est même très florissant. Les gens n’ont jamais écouté autant de musique. Je suis passé quant à moi à un abonnement DEEZER à 9,99€/mois avec lecteur sans limite et download sur mon téléphone mobile. Pour autant ma consommation n’est pas vraiment plus vaste que précédemment. Je reste assez casanier dans mes choix musicaux.

On peut toutefois noter que les revenus générés globalement sont moindre, beaucoup plus concentrés et captés par quelques personnes qui raflent l’essentiel. Dommage nous avons loupé l’étape de redistribution.

Le Blues des cadres

Article basé sur un post publié sur LaTribune le 06 dec 2006
Mis à jour le 5 juillet 2015

OUI ! Les cadres ont le blues. Le statut de Cadre se vide petit à petit de son sens. La reconnaissance de son autorité n’est plus d’actualité depuis au moins 15 ans. Les relations vis-à-vis de leur supérieurs (Dirigeants ou actionnaires) se limitent au repoorting quotidien véritable épée de Damoclès qui pèse sur leurs épaules. Le mot d’ordre chez les dirigeant est « Vous n’êtes plus indispensable ! Vous ne voulez pas suivre nos règles ? Nous avons déjà 1000 cv pour vous remplacer ! ».

Aujourd’hui, si vous passez plus de 5 ans au même poste, vous êtes soupçonné d’être un pantouflard. Les 35h se réalisent en 2,5 jours, pour pouvoir tenir les objectifs. Le cadre n’a plus le temps de poser ses actions.

De plus en plus, il est recruté pour ses compétences ponctuelles et sorti avant la fin de sa période d’essai de 6 mois minimum. A cela s’ajoute une désaffection généralisée pour le travail et l’implication personnelle. C’est vrai aussi pour le reste des salariés.

Socialement parlant, nous ne nous réalisons plus par le travail mais par nos « Loisirs ». Remercions pour cela les médias qui font largement la propagande du « Star Système », des vies dissolues et oisives.

Prenez le temps d’écouter les conversations de vos salariés. Qu’entendez-vous ? J’ai fais ceci ou cela [En dehors du travail]. Je vais aller en Boite de nuit, à Ibiza ou à La Cluza. Les résultats de l’entreprise (Surtout les bons) ne se répercutent pas toujours sur les salaires des cadres alors que pour les dirigeants, que la situation soit bonne ou pas, leur salaire est bonifié.

Le syndicalisme en entreprise est vu comme une trahison par les dirigeants. Une perte de confiance fatale pour les cadres qui voient leur hypothétique avancement partir en fumée. La dernière fois que j’en ai parlé à un collègue, responsable régional comme moi, il m’a dit « surtout pas, tu sera muté à Lille ». Deux mois plus tard, on m’apprenait que ma période d’essai ne serait pas concluante. Dans une autre société, 10 ans plus tôt à l’époque des négociations sur les 35h, les délégués du personnel étaient reconduit d’année en année, personne n’était informé des élections et ne pouvait se présenter. Les représentants syndicaux, nécessaires à la négociation et à la mise en place des 35h, ont été choisis par la direction et leur adhésion a été financée. Comment voulez-vous qu’après tout cela, que les cadres y croient encore ?

 

Darwinus Societatis

Publiè initialement en avril 2007,
Mis à jour le 12 juillet 2015

Nous pouvons constater une évolution dans le rôle principal du dirigeant en fonction des époques, des besoins de l’activité et de ce rôle découle un profil de société. Aujourd’hui, nous arrivons à la cinquième génération.

Pour mémoire :

  • De 1945 à 70, l’entreprise « Ingénieur » et productrice de produits et de services en nombre, optimisant les process pour produire plus sur un marché en construction.
    Il faut nourrir une population grandissante et reconstruire ce qui a été détruit par les conflits, le plus vite possible.
  • De 70 à 80, l’entreprise « Vendeur », avec plus d’acteurs et une meilleurs production sur un marché en phase de renouvellement, les produits finissent par s’entasser dans les stock. La fonction vente à pris le dessus pour écouler ces stocks. C’est l’âge d’or des vendeurs prêt à tous les excès pour écouler leur produits/services.
  • De 80 à 90, l’entreprise « Contrôleur de Gestion », les dirigeants sont devenus par obligation des manager de coûts. L’optimisation de la production, des process, comme de la distribution a généré la mondialisation que nous subissons encore aujourd’hui avec une perte de valeur systématique par la baisse généralisé des prix de vente. Nous achetons de mauvais produits et des services minimalistes, mais à bas prix.
  • De 90 à 2000, l’entreprise « Agile », plus vite et au plus près des envies des consommateurs, cette entreprise agile répond quasi instantanément aux réactions positives de ses prospects et prend les parts de marché par opportunisme. Elle joue sur l’individualisme et le fort taux de renouvellement des produits. Mais aussi sur la capacité d’adapter les produits/services aux exigences des consommateurs.

La nouvelle génération, dont nous avons pu voir les premiers exemples dés l’année 2000, est l’entreprise externalisée, collaborative, que j’appelle aussi éclatée. J’ai commencé à la présenter comme cinquième phase d’évolution dès le début des années 2000.

C’est la collaboration entre plusieurs entités juridiquement indépendante qui permet l’émergence de nouvelles activités. Les actionnaires ont l’idée, les finances et mettent en place les conditions d’émergence de l’activité. La direction n’est que le ciment qui lie les différents acteurs de l’activité.

Je ne doute pas que cette nouvelle génération donne des raideurs aux syndicalistes qui profitent des situations de rente de l’administration et de grandes entreprises. C’est probablement leur propre comportement qui a conduit à l’émergence de cette solution. L’entreprise a besoin d’agilité et une trop grande fermeté légale sur le travail bloque l’opportunité de développement des entreprises.

Cela ne va pas sans poser des problèmes de management, de droit, de répartition des revenus et de perte de la connaissance partagée de l’entreprise mais en contre partie cela offre une flexibilité sans commune mesure, l’un ou l’autre des partenaires pouvant à tous moment changer d’orientation et réorganiser ses ressources suivant ses besoins.

Évidemment, le statut de l’Auto-Entrepreneur est une des solutions pour aller dans ce sens. Mais c’est loin d’être la seule.

Je ne doute pas que certains hurleront au loup puisque ce modèle leur enlève l’intérêt même de leur activité syndicale mais elle donnera aux gens l’opportunité de se prendre en charge, souvent de sortir de la précarité, de montrer et de faire valoir leurs compétences réelles.

Lire la suite, sur « Ubérisation »

Et si l’ « Ubérisation » n’était qu’une étape…

[Par avance sachez-le, je n’aime pas ce mot Ubérisation, il ne reflète qu’un manque d’imagination de notre part. Mais j’y travaille.]

L’entreprise a subi de nombreuses évolutions au travers de plusieurs phases depuis la seconde guerre mondiale, pour ne prendre que cette période assez représentative.

Nous quittons la phase de l’entreprise agile, qui prévaut depuis les années 90, celle de ces entreprises qui savent s’adapter au plus vite à la demande de leurs clients.

Retenez comme postulat que seuls comptent les clients.
C’est eux qui au final payent les salaires, les taxes et les dividendes.
Pas de clients, pas d’activité !

Nous entrons, depuis 2000, dans une nouvelle phase ; celle des entreprises totalement éclatées. Évidement toutes les entreprises n’y arrivent pas en même temps. Certaines en sont encore à la premier phase ; l’entreprise « Ingénieur » productrice de biens qui prévalait après guerre et jusqu’aux années 70 sur un marché en création. L’entreprise éclatée est une entreprise dans laquelle les actionnaires ont l’idée et les fonds pour créer l’activité, mais au lieu de grossir et d’embaucher à tour de bras, ils vont utiliser les services de prestataires externes pour réaliser tout ou partie de leurs activités. A l’extrême, ils peuvent TOUT externaliser pour plus de souplesse, jusqu’à la Direction Générale.

Nous le vivons déjà pour certaines parties de nos activités et ses déports sont devenus naturels, poussés en cela par des réductions de budgets constants. La plus simple, la plus naturelle est l’externalisation de la comptabilité et de la paie. Complexe et changeante, seraient les plus beaux qualificatifs pour cette matière évolutive au grè des changements politiques. Ces qualificatifs justifient à eux seuls que l’on achète un service rendu plutôt que de prendre en charge cette complexité et les formations indispensables pour suivre les évolutions. L’informatique est un autre service très propice à l’externalisation. Dans l’avenir sachez-le TOUS, les services peuvent être réalisés au travers de prestataires externes au sens de juridiquement indépendants.

OUI, il est possible de se passer de la possession pour produire une activité.

Évidemment, cela ne se fait pas simplement car un certain nombre de danger doivent être connus et maîtrisés préalablement à ce transfert. Cette évolution est plus simple pour les nouvelles entreprises qui évitent ainsi de lourds investissements. UBER est devenu en quelques années la plus grande compagnie de taxis, au monde, sans en posséder un seul. Dans un autre registre, AirBnB est le plus grand hôtelier sans posséder d’hôtel. Demain, nous louerons nos sièges à un prestataire qui ne possède pas de train . Alors qu’à la fin de 19ème siècle, il fallait construire la locomotive, les wagons et les rails avant de faire circuler le premier train. TOUT devient une commodité.

Ces exemples vont se multiplier dès lors qu’il y a un actif non utilisé d’une part, nécessitant des fonds importants au regard de l’unité de revenu, et des clients à satisfaire de l’autre.

Pour les entreprises présentes depuis de nombreuses années, c’est moins simple. Elles doivent faire face à l’amortissement de leurs investissements (y compris s’ils ont été inconsidérés et dispendieux). Mais au-delà de cela, d’autres considérations viennent s’ajouter sur les épaules des dirigeants. En tout premier lieu le mécontentement des salariés, quelque soit le niveau hiérarchique, car pour mieux dominer ces derniers, nous les avons soumis à la dépendance du salaire et à la reconnaissance de l’étiquette. Ajoutons encore l’attente excessive de dividendes des actionnaires qui ne supportent plus aucun changement stratégique qui viendrait mettre en péril leurs revenus. Que vaut-il mieux, une société qui prend des risques pour faire évoluer ses activités ou une société qui se fait Ubériser parce qu’elle s’est contentée du « Business As Usual » en privilégiant ses gains à très court terme ?

Mais ce n’est pas l’essentiel, entre la perte de connaissances, la fuite de savoir-faire et la gestion de la pérennité de la production, nombre de pièges guettent les entreprises candidates. Cette évolution est un processus d’optimisation des ressources vers lequel un nombre important d’entreprises doivent aller sans toutefois oublier les fondamentaux.

Reposez-vous les questions suivantes : Qui s’inquiète aujourd’hui de la sous-traitance de la comptabilité [Sinon les comptables internes eux-mêmes] ? Qui a les moyens de conserver en interne un bataillon de comptables pour les paies de fin de mois, les DADS de fin d’année et en même temps d’assumer seul les formations permettant la mise à jour continue des compétences au regard des évolutions de la législation ? Quasiment plus PERSONNE, même dans les grands groupes.

Chaque entreprise se doit de répondre aux questions suivantes : Ai-je optimisé ma production ? Si je fais appel à des sous-traitants qui travaillent pour moi en interne, puis-je les faire travailler chez-eux ? C’est changements peuvent-ils améliorer la qualité de ma production ou en réduire significativement les coûts ? Quels risquent courent mon entreprise ? Comment puis-je assurer la sécurité dans ces conditions ?

Car c’est bien une question stratégique entière à prendre dans son intégralité.

Ce changement de comportement va, de plus, dans le sens d’une consommation frugale des ressources. Ces pratiques entrent tout à fait dans le cadre de l’innovation frugale qui limite l’accès aux ressources pour rendre de nouveaux services, mettre sur le marché des produits plus rapidement et très vite les confronter aux futurs clients afin de valider l’appétence de ces derniers.

Par le passé, l’entreprise arrivait dans un monde sans expérience où tout était à créer à partir des besoins primaires, se nourrir, se loger, se vêtir, vivre plutôt que survivre.

Aujourd’hui, nous faisons face à des clients qui ont déjà tout… et pour autant on doit leur proposer de nouveaux produits, de nouvelles solutions. Ne dit-on pas que 75% des produits que nous utiliserons en 2050 n’existent pas encore ? Mais comment pouvons-nous être certains que ce que nous allons produire leur convient ? En multipliant les propositions et en leur demandant directement. L’externalisation, y compris dans des FabLab, permet à moindre coût, de proposer un nombre important de solutions et de les tester en réel.

A suivre /…

DAF Quel futur pour un dirigeant clé

Le métier de DAF, comme beaucoup d’autres, dans l’entreprise est en pleine mutation.

L’entreprise, elle-même, se dirige vers un nouveau type. Celui du tout externalisé. Chaque service est réalisé par une entreprise externe, dépendante ou pas de la maison mère. Cela va dans le sens de l’histoire et répond aux attentes des dirigeants qui ne supportent plus de devoir gérer des salariés omnipotents et capricieux. Les sociétés quelque soit leur taille doivent devenir des « contenant » agiles qui s’adapteront à leur écosystème et feront évoluer leur(s) métier(s) pour répondre au mieux à la demande du marché et pérenniser leur existence. Le cycle des dépositaires d’une pensée unique, et d’une rente de fait, est sur le point de finir.

Le DAF est un acteur clé de cette métamorphose. Il n’est plus l’acteur principal, comme dans la génération des entreprises des années 80 (60 pour celles des US) dont le métier était d’optimiser les dépenses pour garantir des marges « illusoires » dans un contexte de vente en chute libre et de récession économique. Une société dont ses entreprises sont basées sur une pensée systématique de dégradation de la valeur par l’application du prix le plus bas, que ce soit sur les ventes ou sur les achats, ne peut que mourir à terme.

La préservation de la marge est la solution mais dans un marché mature dont le renouvèlement est difficile, l’activité ne peut pas être pérennisée par le prix le plus bas possible. Les acteurs ont besoin de marge pour vivre. Il faut éduquer les consommateurs sur le fait que tout à un prix justifié (et non excessif) et qu’il est normal qu’ils ne puissent pas se l’offrir. Je suis conscient que cette démarche fait disparaitre des centaines d’entreprise qui vivotent grâce à des petites arnaques mais cela ne peut pas durer, notamment pour des questions de durabilité des ressources, car il en va de notre responsabilité sociétale.

Mais une question se pose. La formation initiale des DAF est-elle la plus à même de leur permettre de faire face à cette mutation des besoins. La question se posera d’une façon tout aussi prégnante pour les DRH qui sont largement sous formé. Le temps où ce service se satisfaisait de gérer les congés payés, les bulletins de paie et les formations, financièrement assistées, est révolu.

Il est temps de gérer cette évolution.

Quel sécurité voulez-vous ?

Nous sommes à un tournant très symbolique. Quelle sécurité voulons-nous et quel empiètement « potentiel » sur notre vie privée allons-nous accepter ?

Une fois que le texte sera passé, il sera difficile de revenir en arrière. C’est pourquoi, il faut accompagner sa rédaction, et dés maintenant, en fixer des limites raisonnables qui assurent aux citoyens la liberté à laquelle ils aspirent sans pour autant perdre les moyens d’actions qui permettront aux forces de l’ordre de maintenir, d’accroitre ses moyens de détection, de prévention et finalement de protection de la population.

Il est également temps de positionner des limites qui permettront aux services d’assurer la surveillance nécessaire tout en préservant les libertés individuelles. Il ne m’appartient pas de déterminer quels sont ces motifs légitimes. Ils sont fluctuants en fonction de la maturité de la société et de l’évolution de celle-ci. Nous le savons tous, la première de ses motivations est la politique avec son bras armé l’influence[1], la seconde est évidemment la religion. Même si, nous le savons, la grande majorité des mouvements offensifs sont avant tout guidés par le pouvoir. Ils se servent du cultuel comme légitimation de leur action, prétextes bienvenus puisqu’ils permettent de cristalliser les consciences et de fédérer la population autour de fausses « vraies » idées.

Comme pour tout écosystème intensément éclaté, et la guerre que nous menons l’est sans aucun doute, avec des individus et des représentants très éparpillés à peine reliés entre eux, deux méthodes s’offrent à nous :

  • La première consiste à ratisser large et à espérer qu’une information déterminante soit identifiée. Je ne vous cache pas que cette méthode est pour le moins très aléatoire. Bien plus que la pêche aux poissons qui ont le mérite de se déplacer en bans. Il existe d’ores-et-déjà des moyens pour mettre en œuvre cette méthode, la systématiser et organiser une collecte qui sera, à n’en pas douter, très coûteuse en hommes, mais il est difficile de faire autrement. Souvent, la mise en place de cette méthode se réalise après un incident de haute intensité car elle nécessite des budgets importants.

Une autre solution est possible. Si l’on applique les principes de la dématérialisation des actions et de la gestion décentralisée des données, il est envisageable de mettre en œuvre une autre stratégie. Faire faire le travail aux extrémités de la capillarité du système et dégager des ressources qui réalisent des tâches de fourmis nécéssite des personnels en trop grand nombre.

  • Il faut mettre en œuvre un système qui permette à chaque individu (chaque citoyen doit pouvoir devenir acteur) d’identifier à son niveau des indices qui seront remontés, compilés et enfin mis en regard pour déterminer des schémas de comportement qui identifient des situations « à risque ». Ce sont ces dernières qu’il faudra ensuite classer et contrôler de manière plus rigoureuse et finalement mettre sous cloche pour en identifier chaque mouvement. Cette façon de faire a le mérite de ne pas mettre tous les individus sous la loupe et de cristalliser toutes les peurs viscérales de la population.

Nous devons procéder à une réaffectation des ressources financières pour assumer des rôles régaliens et limiter les dépenses qui nous privent de moyens efficaces et actifs immédiatement. Il faut, par ailleurs, pouvoir remettre en cause ces solutions très vite car nous ne sommes plus au temps de la ligne Maginot, qui déjà en son temps, s’est révélée inefficace pour faire face à une invasion de l’ennemi identifié.

Notre action doit pouvoir évoluer à grande vitesse car nous serons toujours moins rapides à contrer nos adversaires. Gardons à l’esprit qu’il y a plus d’intelligence à l’extérieur des services qu’à l’intérieur, comme pour toute organisation. Ce n’est pas faire injure à nos collaborateurs, qui individuellement sont très bons, que de dire cela.
C’est faire un constat qui nous rend humble face à la tâche à accomplir.

 

[1] L’influence agit également sur le terrain de la consommation, des loisirs et de l’occupation des esprits pour un meilleur maintien de la population dans l’état qui convient le mieux. Cette question devra être traitée avec la même approche sur les limites acceptables. Car dans ce contexte international, nous nous laissons espionner sans aucune limite par les acteurs du secteur digital et leurs clients, les annonceurs.

Mais il parait que « nous le valons bien » !

Ce n’est pas si simplet… et pas si compliqué

4freins

Est-ce aussi simple ?  Quatre phrases pour décrire des blocages.
Si seulement, c’était aussi simple.

Dés lors que le Dirigeant de l’entreprise est impliqué, le reste suit. Que la méthode soit agile ou pas. Le reste des troupes craint tellement la fureur du dirigeant, qu’il ne fait que suivre en perdant tout esprit d’initiative ou même critique.

Lorsque le Dirigeant ne dirige par le projet, c’est autant la Bérésina, Mais c’est dommage qu’en France, les jambes tremblent lorsque la Direction ne prend pas les choses en main.

Ce n’est pas toujours un problème de budget, les solutions simples, peu couteuses sont aussi celles qui sont les plus simples à mettre en oeuvre et par la suite à faire évoluer pour accompagner le changement et l’évolution des besoins. Les structures Françaises sont sclérosées par des choix technologiques qui impactent le budget pendant 15, 20 voir 30 ans. Ces investissements limitent l’évolution, le moment venu, par un amortissement trop lourd à porter.

La rigidité des organisations est le corolaire des précédentes. Bien plus intéressé par le pouvoir qu’engendre le nombre de collaborateurs et la hauteur des investissements, plutôt que l’agilité et la rapidité que confère une organisation qui sait s’adapter et répondre aux besoins du marché.

Mais alors, c’est peut-être notre façon de recruter qui génère ces problèmes. Nous ne faisons que reproduire des pratiques ancestrales mettant systématiquement en avant des diplômés faussement impliqué.

Au moins, cela nous laisse une marge de progression.