Impacts du numérique

Réponse à l’article paru dans MADDYNESS

#Prospective : Quel impact l’innovation numérique peut-elle vraiment avoir sur l’économie ?

Le numérique peut-il être regardé au travers du prisme de la productivité au sens du 19ème siècle ? C’est plutôt dans ces termes que les questions auraient dû être abordées. Nous avons connu une révolution très technologique qui a créé des montagnes, maintenant ces technologies doivent créer des plaines et s’étendre à tous les secteurs. D’une croissance verticale, nous devons passer à une croissance horizontale. Puis nous irons, à n’en pas douter, vers une étape d’abstraction totale. Car la digitalisation apporte l’élimination des lois physiques.

Le facteur le plus limitant de notre développement sera lié aux décisions politiques que nous allons prendre et à la remise en cause de certaines déjà prises. Souvent pour défendre un secteur ou un revenu des services fiscaux, on créé des ilots protectionnistes. Regardez cette position comme celle d’un industriel qui a le choix entre une évolution au détriment de ses revenus actuels, un risque de non réussite, ou la préservation de ses revenus qui sont en croissance (ou presque) actuellement. L’état doit gérer le même dilemme.

Certes l’Europe a du retard sur le numérique. Ce constat, il a été fait il y à 15 ans. Pour autant, elle défend une politique volontariste et compte énormément sur les Calls envoyés en octobre 2015 pour combler ce retard et faire émerger de nouvelles solutions disruptives pour nous remettre dans la course. A cette occasion, c’est à vous de jouer pour faire des propositions.

Tant que nous serons dans une posture de défense d’un secteur ou d’un acteur local, nous ne pourrons pas prendre de position dominante au niveau international. Y a–t-il des acteurs français qui prennent des positions fortes aujourd’hui ? Oui certainement. On pense à BLABLACAR, SIGFOX ou CRITEO. On constate une véritable appétence pour nos sociétés hors de France et d’Europe.

Concernant l’emploi induit par le développement du numérique, j’ai écris sur ce sujet. Lire ma position ici. Nous avons un véritable problème d’employabilité. N’en déplaise aux syndicats. La majorité des gens ne sont pas adaptés aux besoins du numérique. Oui le numérique va détruire des emplois, non pas que ce soit une volonté propre mais la résultante des conditions de travail des salariés. Moi [entreprise], je ne peux pas, dans les conditions actuelles, embaucher plus de personnel car cela serait sans fin et une solution digitale peut répondre à mon besoin avec plus d’efficacité avec moins de ressources financières.

Cela ne date pas d’aujourd’hui, en 1997, je ne pouvais plus répondre au support téléphonique à partir du 25 du mois car il y avait trop d’appels, la mise en place de processus automatisé en ligne permettent de répondre à l’intégralité des questions sans augmentation des effectifs. Autre exemple. Concernant le paiement des prestations des enseignants pour le suivi du BAC. Les règlements commençaient en septembre et se terminaient en juin de l’année suivante. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de payer ce qui doit l’être dés le lendemain d’une intervention et tout est clôturé au plus tard le 15 novembre de l’année. Cette solution digitale donne du temps aux collaborateurs pour prendre en charge les questions difficiles.

Des exemples comme ceux-là, nous pourrions en aligner des milliers.

Nous avons demandé une minoration des risques, des dangers, de la pénibilité et de la fatigue des salariés tout en accentuant la pression de la réponse, des résultats et de la livraison instantanée. C’est clairement incompatible avec des ressources trop faiblement évolutives. Nous avons laissé croire aux gens que l’on pouvait se contenter d’un travail « alimentaire » source de revenus et qu’ils pouvaient se reposer sur leurs lauriers. C’est une erreur fatale des politiques gouvernementales, des publicitaires et même de l’enseignement.

L’innovation disruptive, l’arrivée de nouveaux entrants qui répondent à des besoins ne doit pas être vu négativement car si les acteurs en place n’ont pas souhaité prendre en charge ces demandes, c’est qu’ils avaient de bonnes raison (ou pas). En dehors de France Télécom[1] ou d’EDF, qui ont des positons dominantes issues de leur monopôle, pour les autres, il y a toujours plus de clients hors de leurs comptes. Enlevez le revenu des GAFA aux Etats-Unis et vous vous retrouvez avec un pays sans croissance.

[1] Volontairement je cite son ancien nom car les pratiques au quotidien n’ont pas changées.