Le DSI doit-il devenir le Directeur Numérique de l’entreprise ?

En réaction au débat fort intéressant qui se profile chez Techtoc (voir le contenu et participer) qu’il faut appeler Cafeine maintenant. Ce qui ne lui enlève rien en terme de qualité.

Le DSI doit-il devenir le Directeur Numérique de l’entreprise ? Cela veut-il dire qu’il ne l’est pas aujourd’hui ou plus ?

PedroAbrantes

Pedro ABRANTES

Ils l’ont toujours été, …

même si j’en conviens les 2/3 n’ont pas les compétences et le savoir être pour assumer ce rôle. C’est beaucoup, mais depuis trop longtemps on recrute des exécutants alors qu’il faut des managers. Trop de gens pensent qu’être DSI, cela se résume à la capacité à paramétrer les systèmes, à intervenir pendant que les « techos » sont en vacances sur les routeurs, la messagerie ou à éteindre le feu d’un serveur qui est tombé et dont la sauvegarde ne fonctionne pas.

Depuis trop longtemps, les choix sont faits en dépit du bon sens, en choisissant des solutions parce que les autres ont fait ce même choix. Le cas typique c’est SAP. Toutes les sociétés cotées l’ont choisi pour ne pas prendre de risque. Surtout ne pas faire différemment des autres, au prix d’efforts financiers hors de propos pour les organisations.

Hors depuis le début de l’ère de l’information, depuis toujours, les DSI ont eu les moyens de penser le SI comme l’épine dorsale de l’organisation, l’outil à la disposition des collaborateurs pour augmenter leur pouvoir à créer du chiffre d’affaires et/ou à réduire les dépenses. J’aime beaucoup quand les deux se cumulent ce qui n’est pas un mal.

Mais voila trop de personnes ont glorifié la technique comme un Graal absolu mettant tous les autres au banc de l’entreprise, pour ne pas dire de la société. Cette philosophie de l’hyper-technicien tout droit sorti d’une grande école ou d’un grand cabinet de conseil a démontré ses limites. Nous n’avons pas besoin de politiques qui viennent jouer des carrières et ralentir le développement des organisations. Nous en connaissons tous de ce type là. Et trop peu de visionnaires qui ont pris des risques.

Cette mystification qui leur a donner temporairement un pouvoir de pacotille (et des revenus conséquents) a aussi généré une défiance des utilisateurs internes (voir externes) et a conduit les services fonctionnels à rechercher des solutions abordables à leurs problèmes sans passer par les DSI (ceci est très dangereux, je ne le dirai jamais assez). Quelques fois, ils ont trouvé des solutions en sous-traitant cette tâche à des professionnels y compris en SaaS, souvent en développant dans leur coin des prototypes avec Access ou Excel très difficilement maintenable dans le temps et qui mettent en péril la chaine de traitement de l’information.

Mais voila, qui veut prendre des risques pour assumer son rôle et qui pantoufle ?

Hors les organisations doivent évoluer pour assumer les nouvelles règles imposées par la concurrence, les utilisateurs et les prospects – car il y a souvent plus de prospects en dehors que de clients acquis à l’intérieur. Ce sont eux qui paient nos salaires et factures. Il est temps de s’occuper d’eux y compris au sein de la DSI. Ce service n’est pas une secte au deuxième sous-sol caché de tous dans le secret et à l’accès restreint. Il doit s’ouvrir vers les autres et prendre la place des autres.

Alors le DSI doit-il devenir le Directeur Numérique de l’entreprise ? Non, encore une fois, il l’est déjà. Il doit devenir le DG de l’entreprise, non pas pour ses merveilleuses compétences à comprendre des millions de lignes de code mais pour orienter l’activité de l’entreprise et la faire surfer sur un SI temps réel et ouvert vers les prospects/clients.

Si vous voulez que l’on échange sur ce thème n’hésitez pas contactez moi sur pedro point abrantes at free point fr