Le peuple souhaite t-il évoluer ?

C’est une bonne et une mauvaise question.

En théorie, le peuple devrait souhaiter progresser, utiliser les moyens mis à sa disposition (école gratuite, bibliothèques quasi gratuites, musés et internet) pour progresser. Hors, force est de constater qu’il n’en est rien. Malgré tous ces efforts, fort couteux, tout une frange de la population « moutonne », n’est pas du tout intéressé, n’accorde aucun intérêt au travail nécessaire, voire procède méticuleusement à la destruction des moyens mis à disposition.

Collectivement, ont préfère donner la parole à des saltimbanques, des journalistes et des bonimenteurs, que de réfléchir, travailler et remettre en question les allégations de ceux qui souhaitent maintenir le chaos et la soumission. On se contente d’un moindre effort devant son petit écran, qui occupe de plus en plus de place.

En théorie, le peuple est doté de bon sens et d’une capacité de réflexion. Hors, force est de constater que celui-ci préfère ne pas regarder la vérité en face et détourne son regard des vraies questions de société. Tant qu’il n’est pas lui-même affecté, cela le fait, au mieux, tressaillir, lui fera peur, mais cela ne le fera pas vraiment bouger. Il préfère le cadeau futile instantané qui lui est fait plutôt que l’investissement rentable à moyen et long terme pour le bien collectif. Il donne de l’importance à sa petite personne plutôt qu’au bien-être de tous (remarquez que je ne porte pas jugement ou ne fait pas de considérations politiques).

En théorie, le peuple a gagné le droit de voter et de s’exprimer. Pour autant, il conduit volontairement, avec ce même vote, à concentrer tous les pouvoirs aux mains de quelques uns qui pour l’en remercier lui coupent ses moyens de survivance autonome. Ils les rendent toujours plus urbanisés et toujours plus dépendants. Collectivement, nos ancêtres ont donné leur vie pour un avenir meilleur, collectivement nous sommes en train de renier ces actions.

Alors, je ne doute pas qu’à ce stade, vous compreniez mieux mon propos. Nous ne pouvons pas obliger une certaine frange de la population à bouger dans ce que nous estimons – individuellement – être la bonne voie. Certains ont juste besoin d’un travail pour vivre tranquillement en paix. Les travaux manuels que l’on a tant décriés (au profit d’études longues sans intérêt) ont petit à petit été supprimés, les taxes sont venues rendre impossible l’emploi de « petit personnel » (sans que ce soit péjoratif), les travaux de force, souvent pénibles, ont été supplantés par les machines. Un monde idéal nous est offert, SAUF que maintenant, nous sommes contraints de financer, par des ponctions toujours plus nombreuses, des cohortes de gens qui ne trouvent plus à travailler par eux même.

Je ne suis pas convaincu que nous aillons fait les bons choix de société. ET oui, même si cette dénomination choque, aux yeux de ceux-là même qui par leur choix les condamnent, il y a bien un bas peuple dont nous devons nous occuper. Ils étaient invisibles tant qu’ils étaient dans nos campagnes. Ils sont maintenant dans nos citées (ni voyez pas de lien avec nos immigrés) et à notre charge. Nous leur devons un travail honnête qui corresponde à leur capacités et leur envie du moment – et leur fournir des passerelles pour leur permettre, le jour venu, de les faire évoluer et de prendre pleine possession de leur nouvelle place dans notre société.

Je pense être bien plus humaniste que beaucoup de mes concitoyens bien-pensants qui pourrissent notre société par leurs choix. Le pire, c’est qu’ils n’ont même pas conscience de leur impacte –  leurs positions les rendent tellement fiers de porter haut leurs idéaux.

Assumer ses responsabilités et regarder la réalité en face ne fait pas de vous une mauvaise personne. Évidemment, on peut simplifier les choses et utiliser les paroles pour stigmatiser mais cela ne résout pas les questions réelles auxquelles nous devons faire face.

La suite à venir /…