Que les Sirènes nous enchantent

Post initialement publié sur LaTribune en date du 30 Janvier 2007
Et mis à jour le 12 juillet 2015

NON. La musique à une valeur intrinsèque. Comme tout travail, elle doit être rémunérée à sa juste valeur. Aujourd’hui, ce qui est condamnable, c’est le Business Model de la musique.

Durant les 40 dernières années ceux qui ont le plus gagné ce sont les distributeurs. Aujourd’hui encore 70% du coût de la musique en ligne est rétrocédé au distributeur (Hors frais techniques). Hier [A l’époque du Vinyle], cela nous était justifié par des coût de production lourd. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Alors on nous parle de frais liés à la mise en valeur des artistes. Je le comprend, mais je remarque que les distributeur on la puissance pour transformer quasiment n’importe quel nouveau chanteur en vedette en quelques semaines. Ce n’est pas ce que nous demandons. Le matraquage des jeunes opéré par les intermédiaires à coup de World Music est similaire aux opérations marketing de l’industrie du tabac.

La valeur de la musique ne s’est pas déplacée. Elle est toujours liée au travail entre le compositeur, l’interprète et dans une moindre mesure les studios d’enregistrement. C’est certain ce modèle demande dix fois plus de temps pour devenir connu et richissime puisque la distribution disparaît de mon modèle. Mais c’est déjà le cas pour la très grande majorité des artistes.

Dans les 15 derniers jours, j’ai acheté 2 albums. Je regrette qu’entre 10% et 60% des musiques d’un album soit de moins bonne qualité que les 3 ou 3 titres phares. Je veux croire que les chiffres de la musique ne sont pas si mauvais que prétendu. Le Président de la FNAC disait hier sur iTélé que la musique n’a jamais été aussi écoutée. Mais il faut revoir le modèle économique. Limiter le problème de la musique, comme le font les distributeur, au seul problème de piratage est un mauvais débat.

Aujourd’hui, il sort suffisamment de produits culturels quotidiennement pour dépenser un SMIC mensuel par jour et cela ne suffirait pas à tout consommer.

Qui peut se le permettre ? Certainement pas les 97% de la population française qui gagnent moins de 3500 euros mensuels. Croire que des mesures techniques permettront de limité le piratage est illusoire. Organiser un nouveau modèle économique en supprimant le gros des coûts et en conservant la part actuelle des artistes, devrait rendre le modèle à l’abonnement tout à fait justifiable.

Je veux bien payer pour de la bonne musique, pas pour les frasques et les excès des agents, des distributeurs et des artistes complètement déjantés.

 


8 ans plus tard qu’en est-il ? Le secteur de la musique a-t-il disparu ?

Étonnamment non, malgré tous les messages apeurés du secteur y compris des artistes, il est même très florissant. Les gens n’ont jamais écouté autant de musique. Je suis passé quant à moi à un abonnement DEEZER à 9,99€/mois avec lecteur sans limite et download sur mon téléphone mobile. Pour autant ma consommation n’est pas vraiment plus vaste que précédemment. Je reste assez casanier dans mes choix musicaux.

On peut toutefois noter que les revenus générés globalement sont moindre, beaucoup plus concentrés et captés par quelques personnes qui raflent l’essentiel. Dommage nous avons loupé l’étape de redistribution.