Le Blues des cadres

Article basé sur un post publié sur LaTribune le 06 dec 2006
Mis à jour le 5 juillet 2015

OUI ! Les cadres ont le blues. Le statut de Cadre se vide petit à petit de son sens. La reconnaissance de son autorité n’est plus d’actualité depuis au moins 15 ans. Les relations vis-à-vis de leur supérieurs (Dirigeants ou actionnaires) se limitent au repoorting quotidien véritable épée de Damoclès qui pèse sur leurs épaules. Le mot d’ordre chez les dirigeant est « Vous n’êtes plus indispensable ! Vous ne voulez pas suivre nos règles ? Nous avons déjà 1000 cv pour vous remplacer ! ».

Aujourd’hui, si vous passez plus de 5 ans au même poste, vous êtes soupçonné d’être un pantouflard. Les 35h se réalisent en 2,5 jours, pour pouvoir tenir les objectifs. Le cadre n’a plus le temps de poser ses actions.

De plus en plus, il est recruté pour ses compétences ponctuelles et sorti avant la fin de sa période d’essai de 6 mois minimum. A cela s’ajoute une désaffection généralisée pour le travail et l’implication personnelle. C’est vrai aussi pour le reste des salariés.

Socialement parlant, nous ne nous réalisons plus par le travail mais par nos « Loisirs ». Remercions pour cela les médias qui font largement la propagande du « Star Système », des vies dissolues et oisives.

Prenez le temps d’écouter les conversations de vos salariés. Qu’entendez-vous ? J’ai fais ceci ou cela [En dehors du travail]. Je vais aller en Boite de nuit, à Ibiza ou à La Cluza. Les résultats de l’entreprise (Surtout les bons) ne se répercutent pas toujours sur les salaires des cadres alors que pour les dirigeants, que la situation soit bonne ou pas, leur salaire est bonifié.

Le syndicalisme en entreprise est vu comme une trahison par les dirigeants. Une perte de confiance fatale pour les cadres qui voient leur hypothétique avancement partir en fumée. La dernière fois que j’en ai parlé à un collègue, responsable régional comme moi, il m’a dit « surtout pas, tu sera muté à Lille ». Deux mois plus tard, on m’apprenait que ma période d’essai ne serait pas concluante. Dans une autre société, 10 ans plus tôt à l’époque des négociations sur les 35h, les délégués du personnel étaient reconduit d’année en année, personne n’était informé des élections et ne pouvait se présenter. Les représentants syndicaux, nécessaires à la négociation et à la mise en place des 35h, ont été choisis par la direction et leur adhésion a été financée. Comment voulez-vous qu’après tout cela, que les cadres y croient encore ?

 

Ce n’est pas si simplet… et pas si compliqué

4freins

Est-ce aussi simple ?  Quatre phrases pour décrire des blocages.
Si seulement, c’était aussi simple.

Dés lors que le Dirigeant de l’entreprise est impliqué, le reste suit. Que la méthode soit agile ou pas. Le reste des troupes craint tellement la fureur du dirigeant, qu’il ne fait que suivre en perdant tout esprit d’initiative ou même critique.

Lorsque le Dirigeant ne dirige par le projet, c’est autant la Bérésina, Mais c’est dommage qu’en France, les jambes tremblent lorsque la Direction ne prend pas les choses en main.

Ce n’est pas toujours un problème de budget, les solutions simples, peu couteuses sont aussi celles qui sont les plus simples à mettre en oeuvre et par la suite à faire évoluer pour accompagner le changement et l’évolution des besoins. Les structures Françaises sont sclérosées par des choix technologiques qui impactent le budget pendant 15, 20 voir 30 ans. Ces investissements limitent l’évolution, le moment venu, par un amortissement trop lourd à porter.

La rigidité des organisations est le corolaire des précédentes. Bien plus intéressé par le pouvoir qu’engendre le nombre de collaborateurs et la hauteur des investissements, plutôt que l’agilité et la rapidité que confère une organisation qui sait s’adapter et répondre aux besoins du marché.

Mais alors, c’est peut-être notre façon de recruter qui génère ces problèmes. Nous ne faisons que reproduire des pratiques ancestrales mettant systématiquement en avant des diplômés faussement impliqué.

Au moins, cela nous laisse une marge de progression.