Darwinus Societatis

Publiè initialement en avril 2007,
Mis à jour le 12 juillet 2015

Nous pouvons constater une évolution dans le rôle principal du dirigeant en fonction des époques, des besoins de l’activité et de ce rôle découle un profil de société. Aujourd’hui, nous arrivons à la cinquième génération.

Pour mémoire :

  • De 1945 à 70, l’entreprise « Ingénieur » et productrice de produits et de services en nombre, optimisant les process pour produire plus sur un marché en construction.
    Il faut nourrir une population grandissante et reconstruire ce qui a été détruit par les conflits, le plus vite possible.
  • De 70 à 80, l’entreprise « Vendeur », avec plus d’acteurs et une meilleurs production sur un marché en phase de renouvellement, les produits finissent par s’entasser dans les stock. La fonction vente à pris le dessus pour écouler ces stocks. C’est l’âge d’or des vendeurs prêt à tous les excès pour écouler leur produits/services.
  • De 80 à 90, l’entreprise « Contrôleur de Gestion », les dirigeants sont devenus par obligation des manager de coûts. L’optimisation de la production, des process, comme de la distribution a généré la mondialisation que nous subissons encore aujourd’hui avec une perte de valeur systématique par la baisse généralisé des prix de vente. Nous achetons de mauvais produits et des services minimalistes, mais à bas prix.
  • De 90 à 2000, l’entreprise « Agile », plus vite et au plus près des envies des consommateurs, cette entreprise agile répond quasi instantanément aux réactions positives de ses prospects et prend les parts de marché par opportunisme. Elle joue sur l’individualisme et le fort taux de renouvellement des produits. Mais aussi sur la capacité d’adapter les produits/services aux exigences des consommateurs.

La nouvelle génération, dont nous avons pu voir les premiers exemples dés l’année 2000, est l’entreprise externalisée, collaborative, que j’appelle aussi éclatée. J’ai commencé à la présenter comme cinquième phase d’évolution dès le début des années 2000.

C’est la collaboration entre plusieurs entités juridiquement indépendante qui permet l’émergence de nouvelles activités. Les actionnaires ont l’idée, les finances et mettent en place les conditions d’émergence de l’activité. La direction n’est que le ciment qui lie les différents acteurs de l’activité.

Je ne doute pas que cette nouvelle génération donne des raideurs aux syndicalistes qui profitent des situations de rente de l’administration et de grandes entreprises. C’est probablement leur propre comportement qui a conduit à l’émergence de cette solution. L’entreprise a besoin d’agilité et une trop grande fermeté légale sur le travail bloque l’opportunité de développement des entreprises.

Cela ne va pas sans poser des problèmes de management, de droit, de répartition des revenus et de perte de la connaissance partagée de l’entreprise mais en contre partie cela offre une flexibilité sans commune mesure, l’un ou l’autre des partenaires pouvant à tous moment changer d’orientation et réorganiser ses ressources suivant ses besoins.

Évidemment, le statut de l’Auto-Entrepreneur est une des solutions pour aller dans ce sens. Mais c’est loin d’être la seule.

Je ne doute pas que certains hurleront au loup puisque ce modèle leur enlève l’intérêt même de leur activité syndicale mais elle donnera aux gens l’opportunité de se prendre en charge, souvent de sortir de la précarité, de montrer et de faire valoir leurs compétences réelles.

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